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Au-delà de la règle 3-2-1 : Explorer les nouvelles frontières de la sauvegarde dans le cloud

Découvrez comment le monde de la sauvegarde des données évolue à l’ère du cloud, de la règle 3-2-1-1 à la sauvegarde multi-cloud et plus encore !

Nicolas Verlhiac : photo de l'auteur de l'article
Nicolas Verlhiac
Explorez les stratégies modernes de sauvegarde des données dans le cloud, allant de la règle 3-2-1-1 à la sauvegarde multi-cloud, le RPO et le DRaaS.

Dans le monde numérique d’aujourd’hui, les données sont devenues le bien le plus précieux des entreprises. Qu’il s’agisse d’informations financières, de données clients ou d’éléments de propriété intellectuelle, une perte de données peut avoir des conséquences désastreuses. C’est pourquoi la sauvegarde des données et les stratégies de stockage sont des sujets d’une importance cruciale. Dans cet article, nous allons explorer les différentes stratégies de sauvegarde, de la règle 3-2-1 bien connue à des approches plus récentes adaptées à l’ère du cloud.

Comprendre la règle 3-2-1

La règle 3-2-1 est considérée comme la stratégie de base pour la sauvegarde des données. Elle stipule qu’il faut toujours avoir trois copies de vos données, stockées sur deux types de supports différents, dont un hors site. Cette règle offre une protection solide contre la plupart des types de catastrophes, qu’elles soient naturelles, comme une inondation, ou technologiques, comme une panne de disque dur. Cependant, à l’ère du cloud et des cyberattaques, certaines organisations estiment que cette règle n’est plus suffisante.

Au-delà de la règle 3-2-1 : la règle 3-2-1-1

C’est là qu’intervient la règle 3-2-1-1, une extension de la règle 3-2-1. Cette règle ajoute l’obligation de garder une copie des données hors ligne. En cas de cyberattaque, notamment de ransomware, les sauvegardes connectées au réseau peuvent être compromises, ce qui rend crucial le stockage hors ligne. Cependant, la mise en œuvre de cette règle peut augmenter les coûts et la complexité de la gestion des sauvegardes.

La règle 3-2-1-1 (Figure 1) consiste en :

  • 3 copies de vos données importantes. Cela inclut la copie originale et deux sauvegardes.
  • 2 copies stockées sur des médias différents. Par exemple, vous pouvez avoir une copie sur votre ordinateur et une autre sur un disque dur externe ou un service de cloud.
  • 1 copie stockée hors site. Il s’agit généralement d’une copie stockée dans le cloud ou dans un autre emplacement physique.
  • 1 copie stockée hors ligne. Cette copie devrait être stockée de manière à ce qu’elle ne soit pas connectée à votre réseau, la protégeant ainsi des cyberattaques.
Diagramme illustrant la stratégie de sauvegarde 3-2-1-1, montrant comment répartir les copies de données entre différents supports et lieux.

Figure 1: Diagramme illustrant la mise en œuvre de la stratégie de sauvegarde 3-2-1-1, avec répartition des copies de données entre différents supports et lieux.

La mise en place de cette règle est cruciale pour assurer la résilience des données face aux diverses menaces possibles.

Mise en place d’une sauvegarde hors ligne

Voici quelques approches pour mettre en œuvre une sauvegarde hors ligne :

  • Supports de stockage physique : Cela peut inclure des disques durs externes, des bandes magnétiques ou des disques optiques. Ces supports peuvent être stockés en toute sécurité dans un lieu hors site.
  • Coffres-forts de données : Il s’agit de services spécialisés qui stockent physiquement vos sauvegardes hors ligne dans un emplacement sécurisé.
  • Stockage à froid : Certains fournisseurs de services cloud offrent un stockage à froid, où les données sont stockées hors ligne jusqu’à ce qu’elles soient nécessaires.

Chacune de ces approches a ses avantages et ses inconvénients, et le choix dépendra des besoins spécifiques de votre entreprise. Il est important de noter qu’une sauvegarde hors ligne devrait être utilisée en complément d’autres stratégies de sauvegarde, et non comme seule méthode de sauvegarde.

Le multi-cloud comme alternative

Une autre approche à considérer est la stratégie de sauvegarde multi-cloud. Cela signifie que les données sont sauvegardées sur plusieurs services cloud, offrant ainsi une couche supplémentaire de redondance. Dans l’éventualité d’une panne d’un fournisseur de services cloud, les données restent accessibles via les autres services.

Cependant, la mise en œuvre d’une stratégie multi-cloud peut entraîner une augmentation des coûts et une gestion plus complexe des sauvegardes pour plusieurs raisons :

  • Coûts d’abonnement : Utiliser plusieurs services de cloud signifie payer plusieurs abonnements. Les frais associés à chaque service peuvent s’additionner et augmenter considérablement les couts globaux. On parle ici de cout pour stocker des Téraoctets de données, mais pour une poignée de Gigaoctets, les prix sont de l’ordre de l’euro symbolique.
  • Complexité de la gestion : Chaque service cloud a sa propre interface, ses propres fonctionnalités et ses propres protocoles de sécurité. Gérer des sauvegardes sur plusieurs plateformes peut nécessiter plus de temps et de compétences techniques. A nuancer toute fois avec l’utilisation d’outil comme rclone.org.
  • Transfert de données : Selon l’emplacement des services de cloud et le volume de données à transférer, il peut y avoir des coûts supplémentaires liés au transfert de données entre les services.

Malgré ces défis, la stratégie multi-cloud offre une excellente redondance et peut augmenter la résilience des données face à diverses menaces. Le choix de cette stratégie dépendra des besoins spécifiques de chaque entreprise et de sa capacité à gérer la complexité et les coûts associés.

La géo-redondance pour une protection optimale

Dans le contexte des services cloud, la sauvegarde géo-redondante offre une protection supplémentaire. Cette stratégie stocke les sauvegardes dans plusieurs centres de données situés dans différentes régions géographiques. En cas de catastrophe naturelle ou de panne majeure dans une région, les données sont toujours sécurisées dans un autre lieu. Cela nécessite cependant une planification minutieuse et peut entraîner des coûts supplémentaires (cf. Le multi-cloud comme alternative).

La sauvegarde en continu : une révolution

Avec l’augmentation des volumes de données et la dépendance accrue à l’égard des systèmes numériques, de nombreuses entreprises se tournent vers la sauvegarde en continu. Plutôt que de se fier à des sauvegardes planifiées à intervalles réguliers, cette stratégie capture et sauvegarde les modifications des données en temps réel. Cela permet de minimiser la perte de données entre les sauvegardes, mais peut également augmenter les coûts de stockage et de bande passante.

Concepts clés : RPO et DRaaS

Dans le domaine de la sauvegarde et de la reprise après sinistre, il est essentiel de comprendre deux concepts clés :

  • Recovery Point Objective (RPO) : Le RPO est un terme qui détermine la quantité maximale de données qui peut être perdue sans causer de préjudice à l’entreprise. Il se réfère à l’âge maximal que peuvent avoir les fichiers qui doivent être récupérés après un incident. Par exemple, si une entreprise a un RPO de quatre heures, cela signifie qu’elle peut se permettre de perdre jusqu’à quatre heures de données sans subir de conséquences significatives.
  • Disaster Recovery as a Service (DRaaS) : Le DRaaS est un service fourni par des tiers qui permet aux organisations de récupérer rapidement leurs données et de reprendre leurs activités après un incident. Cela implique généralement le stockage de copies des données et des applications d’une organisation dans un environnement cloud sécurisé. Les fournisseurs de DRaaS offrent généralement des contrats de niveau de service spécifiant le temps qu’ils mettront à restaurer les opérations normales après un incident. Ces deux concepts jouent un rôle crucial dans la planification de la sauvegarde et de la reprise après sinistre. Ils guident les entreprises à comprendre combien de données elles peuvent se permettre de perdre et combien de temps il leur faudra pour récupérer après un incident.