Cegedim / MonLogicielMedical
Le piratage du logiciel MonLogicielMedical (Cegedim Santé) expose les données de 11 à 15 millions de patients français, l'une des plus graves fuites de santé en France.
- Organisation
- Cegedim Santé
- Secteur
- Santé
- Pays
- France
- Date des faits
- Requêtes applicatives anormales détectées fin 2025 ; plainte de Cegedim le 27 octobre 2025 et enquête du parquet de Paris pour atteinte à un système de traitement automatisé de données ; information des médecins concernés début janvier 2026 ; révélation publique par France Télévisions le 26 février 2026 et mise en demeure du ministère de la Santé le lendemain
- Ampleur
- 11 à 15 millions de patients pour les données administratives ; environ 164 000 personnes présenteraient en outre un risque sur des données sensibles. Près de 1 500 médecins touchés sur les quelque 3 800 utilisateurs de MLM en France
- Vecteur
- Sous-traitant compromis : requêtes applicatives anormales passées via les comptes de médecins utilisateurs du logiciel MonLogicielMedical, permettant l'extraction illégale de données
- Données exposées
- Identité (nom, prénom, date de naissance), Adresses postales, Adresses e-mail, Numéros de téléphone, Données de santé saisies en texte libre (pathologies, traitements, addictions, état psychologique), Rattachement au médecin traitant
Le 26 février 2026, une enquête diffusée au journal de 20 h de France 2 révèle au grand public le piratage de MonLogicielMedical.com (MLM), édité par Cegedim Santé. Selon les communications officielles, 11 à 15 millions de patients français seraient concernés, soit près d’un Français sur cinq. Le lendemain, le ministère de la Santé confirme l’ampleur de la fuite et adresse à l’éditeur une mise en demeure.
La chronologie est au cœur de l’affaire. Cegedim Santé détecte fin 2025 un comportement anormal de requêtes applicatives passées via les comptes de médecins utilisateurs, dépose plainte le 27 octobre 2025, et le parquet de Paris ouvre une enquête pour atteinte à un système de traitement automatisé de données. Les praticiens concernés, près de 1 500 sur les quelque 3 800 utilisateurs de MLM, sont contactés début janvier 2026. Près de quatre mois séparent donc l’intrusion de la révélation télévisée.
Le socle de la fuite porte sur des données administratives : identité, date de naissance, adresse postale, e-mail et téléphone. À l’échelle de 15 millions de personnes, cette seule exposition constitue déjà une matière première de choix pour l’hameçonnage ciblé. S’y ajoute un noyau plus restreint, environ 164 000 personnes selon les communications officielles, présentant un risque sur des données sensibles : les dossiers médicaux structurés seraient restés intacts, mais les champs de texte libre du logiciel, où les praticiens consignent pathologies, traitements, addictions ou état psychologique, échappent aux dispositifs de classification automatisés et constituent l’angle mort de cet incident.
L’affaire concentre toutes les fragilités de l’écosystème numérique de santé : la dépendance à un sous-traitant unique mutualisant les données de milliers de responsables de traitement, la difficulté à sécuriser des données couvertes par le secret médical, et le délai entre la découverte de l’incident et l’information des personnes concernées. Elle intervient par ailleurs treize jours après la confirmation par le Conseil d’État, le 13 février 2026, de la sanction de 800 000 euros prononcée par la CNIL contre Cegedim Santé en 2024 pour traitement de données de santé non anonymisées sans autorisation. L’enquête judiciaire et l’instruction de la CNIL étaient en cours au moment de la rédaction.
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