Éducation nationale : 43 Go et 346 millions de lignes revendiqués sur plus de vingt ans de fichiers
L'acteur ZeroBytes revendique le 17 août 2026 l'extraction de 43 Go répartis dans 2 500 fichiers issus de BE1D, SCONET et I-Prof, couvrant élèves, familles et personnels de 2002 à 2026. Le ministère n'a confirmé que l'intrusion de juillet.
- Organisation
- Ministère de l'Éducation nationale (bases BE1D, SCONET, I-Prof et annuaires académiques)
- Secteur
- Éducation
- Pays
- France
- Date des faits
- Revendication publiée le 17 août 2026 et relayée à partir du 18 août ; elle prolonge l'intrusion reconnue par le ministère le 31 juillet 2026, dont le périmètre officiel se limitait au système d'information de formation des personnels
- Ampleur
- 346 178 591 lignes brutes non dédoublonnées revendiquées, réparties dans environ 2 500 fichiers pour 43 Go. Les décomptes par personne relayés dans la presse ne sont ni dédoublonnés ni vérifiés, et le ministère n'a publié aucun chiffre : volume exclu du compteur cumulé
- Vecteur
- Accès VPN revendiqué par l'attaquant à plusieurs applications académiques, dans le prolongement de l'usurpation d'un compte professionnel reconnue par le ministère fin juillet. Mode opératoire non confirmé officiellement
- Données exposées
- Identité des élèves (nom, prénom, date de naissance), Identifiants nationaux élèves et rattachement d'établissement, Coordonnées des parents ou responsables légaux, Suivi individualisé d'élèves en difficulté, Évaluations et éléments de scolarité, Données de carrière des personnels (statut, affectation, académie), Comptes académiques et empreintes de mots de passe
Le 17 août 2026, l’acteur ZeroBytes a publié une revendication visant le ministère de l’Éducation nationale, quelques jours après celle portant sur l’administration fiscale. Il affirme avoir obtenu un accès VPN à plusieurs applications académiques et en avoir extrait environ 43 Go de données, réparties dans quelque 2 500 fichiers représentant 346 178 591 lignes brutes non dédoublonnées. Les échantillons diffusés renvoient à des systèmes bien identifiés : BE1D pour le premier degré, SCONET pour le second degré, I-Prof pour la gestion de carrière des personnels des trente-trois académies, des dispositifs de suivi individualisé d’élèves et des annuaires LDAP académiques.
L’écart entre cette revendication et la communication officielle est important. Dans son communiqué du 31 juillet, le ministère a confirmé une intrusion frauduleuse survenue dans la nuit du 25 au 26 juillet, en la circonscrivant au système d’information dédié à la formation des personnels et en indiquant expressément que ni données d’élèves, ni mots de passe, ni informations bancaires n’étaient concernés. La revendication d’août décrit au contraire un périmètre englobant les élèves, leurs responsables légaux et des empreintes de mots de passe, sur une profondeur historique allant de 2002 à 2026.
Aucun élément public ne permet aujourd’hui de trancher entre ces deux récits, ce qui justifie le statut « alléguée ». Les analystes qui ont examiné les échantillons estiment que la structure des fichiers correspond bien aux applications citées, mais nul ne peut vérifier que l’attaquant détient réellement l’intégralité des 346 millions de lignes annoncées, ni que chaque fichier provient du système auquel il est attribué. Le décompte en lignes brutes est par ailleurs trompeur : un même élève apparaît dans plusieurs exports annuels, et le nombre de personnes distinctes est nécessairement très inférieur, comme nous le détaillons dans notre méthode de lecture d’une revendication de fuite.
Si le périmètre revendiqué se confirmait, l’incident deviendrait l’un des plus lourds jamais enregistrés dans l’éducation en France, avec une population particulièrement vulnérable puisqu’elle comprend des mineurs et des données de suivi scolaire. Il s’ajouterait à une série déjà longue pour le ministère, après l’intrusion sur le portail RH Compas en mars 2026, la fuite ÉduConnect en avril et l’incident du système de formation en juillet. Dans l’attente d’un décompte officiel, la vigilance porte surtout sur l’hameçonnage visant les familles, un message évoquant la scolarité d’un enfant nommément désigné restant l’un des leviers les plus efficaces pour obtenir un paiement ou des identifiants.
Sources
- Piratage massif de l'Éducation nationale : des millions d'élèves et de personnels exposés (Blog FrenchBreaches)
- Éducation nationale : ZeroBytes revendique le vol de 346 millions de lignes de données (Cyberattaque.org)
- Élèves, parents, enseignants : un pirate affirme avoir exfiltré plus de 20 ans de données de l'Éducation nationale (Actu17)
- Incident de sécurité affectant les données de personnels de l'éducation nationale · communiqué officiel du 31 juillet 2026 (education.gouv.fr)
- ZeroBytes revendique une cyberattaque contre le ministère français de l'Éducation nationale (ICTjournal)