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Brevo : une faille du SSO SAML expose 138 comptes clients, dont ceux de Paymium et de Waltio, deux acteurs français des cryptoactifs
Une faille du SSO SAML de Brevo, identifiée le 10 septembre 2026, expose 138 comptes clients. Paymium et Waltio, acteurs des cryptoactifs, notifient leurs utilisateurs.
- Révélée
- Révision
- Originale
- Sources
- 11
- Volume
- Non chiffré
- Données
- 7 catégories
- Pays
- France
- Organisation
- Brevo (plateforme française d'emailing et de CRM), et ses clients Paymium et Waltio
- Chronologie
- Accès non autorisés à des comptes clients de Brevo par un défaut de cloisonnement du SSO SAML, identifiés le 10 septembre 2026 à 6 h 30 UTC et bloqués à 8 h 30 UTC, l'hameçonnage reçu par les contacts de Trezor datant déjà du 9 septembre. Waltio notifie ses utilisateurs le 15 septembre, Paymium le 22 septembre, avec un billet complémentaire le 2 octobre 2026 selon lequel l'ensemble des données de son environnement Brevo a été extrait. L'incident ClickFix du 14 septembre est distinct
- Ampleur
- Aucun décompte global. Brevo ne communique pas le nombre de contacts exportés pour les 43 comptes concernés, et ni Paymium ni Waltio ne chiffrent les personnes touchées. Les 138 comptes sont des entreprises clientes, pas des personnes. Le seul chiffre précis est celui de Trezor (347 149 contacts exportés selon Brevo), qui ne s'extrapole ni aux autres clients ni à Paymium et Waltio
- Vecteur
- Défaut de cloisonnement dans la gestion du SSO SAML de Brevo : l'attaquant a créé son propre compte Brevo, activé le SSO, invité des utilisateurs légitimes dans cette configuration puis s'est connecté en leur nom par un fournisseur d'identité qu'il contrôlait, ce qui lui a ouvert toutes les organisations auxquelles ces utilisateurs avaient accès. Brevo décrit une faille de sa plateforme et non une compromission des systèmes de ses clients. Aucune revendication d'un acteur identifié
- Données exposées
-
- Adresse électronique et identifiant du compte (Paymium)
- Nom et prénom (Paymium)
- Date de naissance (Paymium)
- Numéro de téléphone (Paymium)
- Pays de résidence (Paymium)
- Adresse électronique du compte et numéro de département lorsqu'il était renseigné (Waltio)
- Pas de mots de passe, de clés API, de données de portefeuille ni de données fiscales selon Paymium et Waltio
Sources · 11
- [1] Attacker gained access to client accounts (Brevo, page de statut)
- [2] Security Incident - ClickFix (Brevo, page de statut)
- [3] Brevo Security Incident: Information on Paymium Customer Data (Paymium)
- [4] Paymium : fuite de données chez son prestataire d'e-mails (Fuites Infos)
- [5] Waltio : fuite de données après un accès non autorisé à son compte (Fuites Infos)
- [6] Waltio et la fuite Brevo : pourquoi votre adresse e-mail est devenue un risque (CryptoTicker)
- [7] Security incident at Brevo, our third-party email provider (Trezor)
- [8] Piratage de Brevo : après Trezor, les données de clients Paymium dans la nature (Journal du Coin)
- [9] Attaque de phishing en cours suite au piratage de la société de marketing numérique Brevo (Cryptoast)
- [10] Celinni : fuite de données revendiquée, la maison ouvre une investigation (Fuites Infos)
- [11] Déjà 41 crypto-rapts en 2026 : la France va-t-elle enfin prendre des mesures contre les enlèvements violents ? (Journal du Coin)
Le 10 septembre 2026, Brevo, plateforme française d’emailing et de CRM, a identifié à 6 h 30 UTC qu’un attaquant exploitait un défaut de sa gestion du SSO SAML pour entrer dans des comptes clients, puis a fermé cette voie d’accès deux heures plus tard. Son rapport d’incident recense 138 comptes accédés : 6 ont servi à envoyer de l’hameçonnage à leurs contacts, les contacts de 43 ont été exportés et 93 n’ont montré aucune activité significative, des catégories qui totalisent 142 et se recoupent donc sans doute. Deux clients français du secteur des cryptoactifs ont ensuite notifié leurs utilisateurs : l’outil fiscal Waltio le 15 septembre, puis la plateforme d’échange Paymium le 22 septembre, avec un billet complémentaire le 2 octobre.
La compromission porte sur l’environnement Brevo de ces clients, c’est-à-dire sur les contacts stockés dans l’outil d’emailing, et non sur leurs propres systèmes : Paymium et Waltio indiquent que l’outil ne contient ni mot de passe, ni clé API, ni donnée de portefeuille ou fiscale, et que l’accès aux comptes et aux actifs n’est pas concerné. Aucune des deux ne dit si son compte figure parmi les 43 exports. Waltio rapporte que Brevo ne pouvait pas encore confirmer si sa liste avait été consultée ou exportée, tandis que Paymium, dont la notification du 22 septembre évoquait des données qui « ont pu être consultées », affirme dans son billet du 2 octobre que l’ensemble des données de son environnement Brevo a été extrait, formulation que la fiche retient.
Deux événements voisins ne doivent pas être amalgamés avec celui-ci. Le 14 septembre, un second incident de Brevo, dit ClickFix, a permis d’injecter un script malveillant dans brevo.com, sibforms.com et des scripts intégrés par les clients pendant cinq heures et demie, sans atteinte déclarée à l’API, à l’envoi d’e-mails ni aux données des comptes clients, et sans lien mentionné avec la faille du 10 septembre. Celinni, que certains observatoires associent à Brevo, n’est pas rattachable à cet incident : l’usage frauduleux de son identifiant d’envoi date du 22 au 24 septembre, douze jours après la fermeture de la faille, et le rapprochement ne repose que sur la configuration DNS de son domaine.
Chez Paymium, les données exposées sont l’adresse électronique et l’identifiant du compte, le nom, le prénom, la date de naissance, le téléphone et le pays de résidence (tous les champs ne sont pas renseignés pour chaque contact), et chez Waltio l’adresse électronique et le numéro de département lorsqu’il était fourni. Rattachées à la qualité d’utilisateur d’un service de cryptoactifs, elles permettent un hameçonnage et des appels très crédibles, comme l’a montré le faux avis de sécurité adressé le 9 septembre à environ 347 000 contacts de Trezor. Le contexte français est aussi celui d’enlèvements et de séquestrations liés aux cryptoactifs, documentés depuis 2025 et chiffrés à 41 cas entre janvier et mi-avril 2026 par la police judiciaire, selon la presse. Journal du Coin précise toutefois que rien ne relie pour l’instant ces affaires à une fuite de données, et les listes publiées ne comprennent ni adresse postale ni solde : le risque d’extorsion physique ne pourrait donc être qu’indirect, par recoupement avec d’autres bases.
Brevo a déconnecté tous les utilisateurs, annoncé un correctif limitant le SSO à l’organisation propriétaire de la configuration ainsi que le dépôt d’une plainte, et promis sa coopération avec les autorités, sans mentionner la CNIL, le RGPD ni le nombre de contacts exportés. Ni Paymium ni Waltio n’indiquent publiquement avoir saisi la CNIL ou déposé plainte. Pour Waltio, la confirmation repose sur sa seule notification aux utilisateurs, relayée par Fuites Infos et CryptoTicker sans autre source indépendante, et l’entreprise présente l’incident comme distinct de la fuite reconnue en janvier 2026.
Les personnes concernées devraient traiter avec méfiance tout message, appel ou SMS se réclamant de Paymium, de Waltio ou d’un fabricant de portefeuille, même lorsqu’il cite des informations exactes, ne cliquer sur aucun lien reçu et se connecter uniquement par l’adresse officielle ou l’application. Paymium et Waltio rappellent qu’elles ne demanderont jamais de mot de passe ni de phrase de récupération (seed phrase) par courriel ou par téléphone. Aucun mot de passe n’ayant été exposé, aucun changement n’est requis à ce titre, et le dispositif gratuit cybermalveillance.gouv.fr reste disponible pour accompagner les victimes.