I-CAD : le fichier national des chiens et chats touché par une faille restée un an sans communication
I-CAD reconnaît le 10 août 2026 une faille détectée en septembre 2025 sur le fichier national d'identification des carnivores domestiques, ayant permis de collecter des adresses e-mail de propriétaires.
- Organisation
- I-CAD (Ingenium Animalis), fichier national d'identification des carnivores domestiques
- Secteur
- Secteur public
- Pays
- France
- Date des faits
- Vulnérabilité détectée en septembre 2025 ; communication publique d'I-CAD le 10 août 2026, motivée par une vague de signalements d'hameçonnage visant directement les propriétaires d'animaux
- Ampleur
- Nombre de personnes concernées non communiqué ; I-CAD invoque l'impossibilité technique de notifier individuellement l'ensemble des utilisateurs au vu du volume. Le fichier centralise plus de 46 millions d'animaux et leurs détenteurs. Volume exclu du compteur cumulé faute de chiffre disponible
- Vecteur
- Vulnérabilité permettant l'interrogation automatisée de certains enregistrements de la base, exploitée pour collecter des adresses e-mail ; détectée en septembre 2025
- Données exposées
- Adresses e-mail des détenteurs d'animaux
I-CAD, opéré par la société Ingenium Animalis, gère le fichier national d’identification des carnivores domestiques : la plus grande base de ce type en Europe, qui centralise plus de 46 millions d’animaux et relie chacun d’eux à son détenteur. Dans une communication publiée le 10 août 2026, l’organisme a reconnu qu’une vulnérabilité détectée en septembre 2025 avait permis d’interroger de façon automatisée certains enregistrements de cette base et d’y collecter des informations.
I-CAD circonscrit précisément le périmètre potentiellement concerné aux adresses e-mail des utilisateurs, et précise qu’aucune donnée sensible au sens de l’article 9 du RGPD n’est en cause, pas plus que des coordonnées bancaires ou des mots de passe. La CNIL a été informée conformément aux obligations réglementaires. L’organisme indique par ailleurs qu’aucun lien certain n’est établi entre la vulnérabilité de 2025 et les campagnes d’hameçonnage récentes, sans exclure cette hypothèse.
Le point le plus discutable de ce dossier n’est pas le volume des données, limité, mais le délai : la communication publique intervient près d’un an après la détection de la faille, et elle est déclenchée par la multiplication des signalements de tentatives d’escroquerie visant les propriétaires d’animaux, non par une démarche spontanée. L’organisme invoque l’impossibilité technique de notifier individuellement l’ensemble des utilisateurs, argument recevable sur le plan opérationnel mais qui n’exonère pas d’une information publique, laquelle peut précisément prendre le relais de la notification individuelle lorsque celle-ci exige des efforts disproportionnés.
Une adresse e-mail seule paraît anodine, mais elle prend ici une valeur particulière : l’attaquant sait que son destinataire possède un animal identifié et enregistré, ce qui suffit à bâtir un message crédible autour d’un faux rappel de mise à jour de puce, d’un avis d’animal retrouvé ou d’une régularisation payante. Les signalements observés en août 2026 correspondent exactement à ce schéma. Aucune démarche liée à l’identification d’un animal ne se règle par un lien reçu par e-mail : le passage par l’espace détenteur officiel reste le seul réflexe sûr.