skip to content
Gravité critique alléguée

Klark.ai : une fuite chez un éditeur d'IA de service client expose les clients de ses entreprises utilisatrices

Un acteur revendique 140 Go extraits de l'éditeur français Klark.ai. Un de ses clients, Ultra Premium Direct, a confirmé être touché et notifié la CNIL dans les deux jours.

Organisation
Klark.ai (solution d'intelligence artificielle pour le service client)
Secteur
Réseaux sociaux / Tech
Pays
France
Date des faits
Revendication publiée le 23 août 2026 sur un forum cybercriminel par un acteur utilisant le pseudonyme « 0xSec », documentée le 24 août par deux observatoires. Le même jour, des éléments concernant le client Ultra Premium Direct sont identifiés dans les données extraites : cette entreprise coupe l'accès de son prestataire le 24 août, notifie la CNIL le 26 août et informe ses propres clients le 28 août 2026. Klark.ai n'a pas communiqué au 10 septembre 2026
Ampleur
Environ 500 000 personnes selon la seule estimation de l'attaquant, à partir du volume des fichiers (162 fichiers CSV, plus de 140 Go, certains dépassant deux millions de lignes). Les observatoires précisent qu'une même personne peut apparaître plusieurs fois, du fait de conversations multiples et de doublons entre les quatre bases, ce qui interdit de présenter ce nombre comme un décompte de personnes distinctes. Aucun chiffre n'a été confirmé par l'éditeur
Vecteur
Non déterminé. L'attaquant revendique l'extraction sans détailler la méthode d'intrusion, aucune mention de vulnérabilité, d'hameçonnage, de mauvaise configuration ou d'identifiants compromis n'étant faite
Données exposées
Noms, prénoms, adresses électroniques et numéros de téléphone, Empreintes de mots de passe, Conversations et contenus d'échanges de service client, Journaux techniques, Clés et secrets d'API, Coordonnées bancaires (IBAN)

Klark.ai édite une solution d’intelligence artificielle pour le service client : elle suggère des réponses aux agents et construit une base de connaissances à partir des conversations traitées. Cette fonction implique que l’éditeur héberge les échanges de support de ses entreprises clientes, avec tout ce que ces échanges contiennent. Le 23 août 2026, un acteur pseudonymé « 0xSec » a revendiqué l’extraction de plus de 140 Go répartis en 162 fichiers, issus de quatre bases, avec une estimation d’environ 500 000 personnes concernées.

Le périmètre réel de ce type de fuite est systématiquement sous-estimé. Les personnes exposées ne sont pas les utilisateurs de Klark.ai, qui sont des agents de support, mais les clients finaux des entreprises qui utilisent la solution. Une personne ayant écrit à un service client il y a deux ans se retrouve donc concernée par la compromission d’un éditeur dont elle ignore l’existence, et son message figure dans le lot avec ce qu’elle y avait mis, une référence de commande, un motif de réclamation, parfois une pièce jointe.

La démonstration a été faite dans les heures qui ont suivi. Des éléments concernant Ultra Premium Direct, l’un des clients de l’éditeur, ont été identifiés dans les données extraites. L’entreprise a coupé l’accès de son prestataire le 24 août, notifié la CNIL le 26 et informé ses propres clients le 28. Ce délai de quatre jours entre la découverte et l’information des personnes concernées tranche avec les chronologies observées ailleurs cet été, et montre qu’une réaction rapide reste possible dans une configuration de sous-traitance.

Deux catégories rendent cette fuite plus grave que ne le suggérerait un simple carnet d’adresses. Les clés et secrets d’API, s’ils sont authentiques et toujours valides, ouvrent des accès aux systèmes des entreprises clientes, ce qui transforme une fuite de données en point d’entrée. Les IBAN, eux, se prêtent à la fraude au changement de coordonnées bancaires. Le statut reste « alléguée » faute de communication de l’éditeur, mais la confirmation apportée par l’un de ses clients établit la réalité de l’incident, le doute ne portant plus que sur son ampleur.