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Fiche · Secteur public

SDIS des Pyrénées-Orientales : bilans de secourisme de personnes secourues volés sur le serveur d'un prestataire, 118 892 enregistrements revendiqués

Le SDIS des Pyrénées-Orientales confirme le vol de bilans de secourisme sur le serveur d'un prestataire non nommé ; un pirate revendique 118 892 interventions à la vente.

Gravité critique confirmée
Révélée
Révision
Originale
Sources
5
Volume
Non chiffré
Données
9 catégories
Pays
France
Organisation
SDIS des Pyrénées-Orientales (SDIS 66), via un prestataire non nommé
Chronologie
Le 29 septembre 2026, selon France 3 Occitanie qui rapporte le communiqué du SDIS, un vol de données touche l'un de ses serveurs, maintenu par son prestataire technique. Le 30 septembre, un acteur de pseudonyme « Syrv4x » revendique sur un forum cybercriminel 118 892 enregistrements liés à des interventions et 99 108 documents et images, proposés à la vente, et le SDIS met en place une cellule de crise dans la soirée. Le 1er octobre, ICI rapporte la confirmation du vol par le SDIS ainsi que le blocage du système de transmission des documents, les fiches étant rédigées à la main et transmises par radio. Le 2 octobre, France 3 Occitanie ajoute qu'une plainte a été déposée et que l'ANSSI et la CNIL ont été informées. Le nombre de personnes concernées n'a pas été communiqué
Ampleur
Le SDIS n'a communiqué ni le nombre de personnes concernées ni le volume exact des données. L'acteur revendique 118 892 enregistrements liés à des interventions et 99 108 documents et images (environ 10,5 Go) : ce sont des interventions et des fichiers, pas des personnes. Les décomptes de champs qu'il annonce (108 825 noms et prénoms, 74 500 numéros de téléphone, 87 463 adresses) ne peuvent être additionnés ni lus comme un nombre de personnes distinctes
Vecteur
Vol de données sur l'un des serveurs de l'établissement, maintenu par son prestataire technique, que le SDIS ne nomme pas. Le mode d'intrusion n'est pas communiqué, aucun logiciel n'est cité par les sources consultées et aucun lien technique avec la vague d'août 2026 contre d'autres SDIS n'est établi
Données exposées
  • Identité (nom, prénom, date de naissance)
  • Coordonnées (adresse postale, numéro de téléphone)
  • Lieu, date et horaires d'intervention
  • Circonstances de l'intervention et notes des secouristes
  • Informations de prise en charge médicale (paramètres vitaux, établissement hospitalier de destination)
  • Copies de cartes nationales d'identité et de cartes Vitale (50 à 60 % des pièces jointes selon l'estimation non vérifiée de l'acteur)
  • Numéro de Sécurité sociale (évoqué par une source de veille, porté par les cartes Vitale)
  • Ordonnances et comptes rendus médicaux
  • Signatures et photographies prises pendant les interventions

Sources · 5

  1. [1] Le SDIS 66 victime d'une fuite de données (ICI)
  2. [2] Vol de données médicales chez les pompiers des Pyrénées-Orientales : un hacker affirme vendre plusieurs dizaines de milliers de documents confidentiels sur des victimes secourues (France 3 Occitanie)
  3. [3] SDIS 66 : 118 892 interventions et près de 100 000 documents médicaux revendiqués par un hacker (Cyberattaque.org)
  4. [4] Fuite de données au SDIS 66 : près de 119 000 dossiers et 99 000 documents médicaux revendiqués (FrenchBreaches)
  5. [5] SDIS 66 : fuite de données revendiquée sur des interventions de secours (Fuites Infos)

Le 29 septembre 2026, le service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées-Orientales (SDIS 66) a été victime d’un vol de données sur l’un des serveurs de l’établissement, maintenu par son prestataire technique, où se trouvaient des bilans de secourisme, c’est-à-dire les documents établis lors de la prise en charge de victimes et de leur transport vers les urgences. Le lendemain, un acteur de pseudonyme « Syrv4x » a revendiqué sur un forum cybercriminel 118 892 enregistrements liés à des interventions et 99 108 documents et images, proposés à la vente. Le SDIS a confirmé le vol dans un communiqué relayé par ICI le 1er octobre, puis par France 3 Occitanie le 2 octobre, qui ajoute qu’une plainte a été déposée et que l’ANSSI et la CNIL ont été informées.

Le point délicat tient à l’écart entre ce que le service reconnaît et ce que l’acteur affirme. Le SDIS confirme le vol et la nature des documents, mais n’a communiqué ni le nombre de personnes ni le volume exact. Les 118 892 enregistrements et les 99 108 documents sont des chiffres d’attaquant que trois observatoires reprennent depuis la même publication : Cyberattaque.org juge les échantillons cohérents, ce qui ne vérifie pas le volume total, et FrenchBreaches rappelle que les décomptes par champ ne s’additionnent pas. Le prestataire n’étant pas nommé, l’hypothèse d’un fournisseur commun avec d’autres établissements reste ouverte, sans élément pour la trancher. Cet incident se distingue en revanche de la vague de fin août 2026 contre cinq autres SDIS : le pseudonyme diffère, les données ne sont pas des annuaires d’agents mais des dossiers de personnes secourues, elles sont mises en vente, et aucune source consultée ne relie les deux épisodes.

Les personnes concernées sont des victimes secourues, lors d’interventions qui peuvent porter sur des accidents, des malaises ou des tentatives de suicide, et qui n’ont avec le service aucune relation choisie : elles n’ont rien souscrit, n’ont pas confié leurs données de plein gré et ne peuvent pas s’en protéger en résiliant un abonnement. D’après les observatoires, les fichiers associeraient l’identité, la date de naissance, le lieu et les horaires d’intervention, les notes des secouristes, des paramètres médicaux, l’établissement hospitalier de destination et des pièces jointes : cartes d’identité, cartes Vitale (qui portent le numéro de Sécurité sociale), ordonnances, comptes rendus et photographies, dont certaines montreraient des blessures graves. Le risque principal est l’exposition de situations de santé intimes, rattachées à une identité et à une adresse. S’y ajoute l’escroquerie ciblée : connaître le jour, le lieu et la nature d’une intervention permet de se présenter de façon très crédible comme un faux organisme de remboursement ou un faux assureur auprès de personnes affaiblies, tandis que les copies de pièces d’identité ouvrent la voie à l’usurpation.

Le SDIS a réagi dans les jours qui ont suivi la revendication, mais sa communication reste partielle. Il indique avoir pris des mesures conservatoires pour protéger ses infrastructures et garantir la continuité des secours, et France 3 rapporte une cellule de crise dès le mercredi soir, une plainte et un signalement à l’ANSSI et à la CNIL. Selon ICI, le système de transmission des documents a été bloqué, les fiches sont rédigées à la main et transmises par radio, et les personnes potentiellement concernées doivent être informées. Au 8 octobre 2026, la page d’accueil du site du SDIS ne mentionnait pas l’incident, et ni le nombre de personnes, ni la nature exacte des données, ni le nom du prestataire n’avaient été communiqués.

Les personnes prises en charge par les sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales (et, selon Fuites Infos, dans quelques communes de l’Ariège et de l’Aude) ont intérêt à attendre l’information individuelle promise par le SDIS. Il convient de se méfier de tout appel, SMS ou courriel invoquant une intervention de secours, un remboursement, un assureur ou une mutuelle, même lorsqu’il cite des informations exactes, de ne jamais communiquer de code reçu par SMS, de mot de passe ou de coordonnées bancaires, et de passer par son compte Ameli ou son espace adhérent en cas de doute. Il est utile de surveiller les courriers inhabituels (crédit, abonnement, contrat), de porter plainte en conservant le récépissé en cas d’usurpation, et de se tourner vers cybermalveillance.gouv.fr, qui accompagne gratuitement les victimes.

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