Lexique · Sécurité des données
Cycle du renseignement
Processus qui transforme des informations brutes en renseignement exploitable : planification et orientation, recherche, traitement, production et analyse, diffusion, puis consommation et rétroaction, qui relance le cycle. Le nombre d'étapes retenues varie selon les auteurs et les doctrines.
Ce que ça change pour une organisation
Le cycle du renseignement est une trame de travail, non une obligation : il sert à structurer toute recherche d’information, y compris une veille ou un audit d’exposition fondé sur des sources ouvertes. Le DCAF le décrit en six étapes : la planification et l’orientation (définition des objectifs), la recherche (sources ouvertes ou secrètes), le traitement (vérification de l’origine et de la finalité, mise en contexte), la production et l’analyse, la diffusion aux responsables, puis la consommation et la rétroaction, qui précise les besoins futurs et relance le cycle. D’autres présentations sont plus courtes : le rapport Demos de 2012 retient la collecte, le traitement et l’analyse, la diffusion et le retour qui oriente la collecte suivante.
Le DCAF rappelle que données et informations ne deviennent du renseignement qu’une fois traitées et analysées. Pour une équipe de sécurité, la conséquence pratique est de commencer par une question précise, puisque c’est elle qui fixe les sources à interroger, et de prévoir le retour des destinataires, qui affine les besoins suivants.
Exemple
Lors des émeutes d’août 2011 en Angleterre, des millions de messages liés aux troubles ont été publiés sur Twitter. Selon Demos, ce flux ne s’insérait pas dans le processus formel d’évaluation de la fiabilité de la police : il n’a donc pas compté comme renseignement et n’a pas été exploité. L’exemple montre qu’une masse de données ouvertes ne produit rien tant qu’elle ne passe pas par les étapes de traitement et d’analyse.
À ne pas confondre avec
- L’OSINT : discipline de collecte fondée sur des informations en accès libre ; elle alimente la phase de recherche du cycle, qui peut aussi recourir à des sources secrètes.
- HUMINT, SIGINT et IMINT : autres disciplines de collecte, définies par la nature de la source, respectivement des agents et informateurs, l’interception de communications et d’émissions électroniques, et l’acquisition d’images par des moyens terrestres, aériens ou spatiaux ; ce sont des sources, non des étapes du cycle.
- Les données brutes : elles ne constituent pas encore du renseignement, qui suppose un traitement et une analyse.
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