Lexique · Sécurité des données
SOCMINT
Social Media Intelligence : renseignement tiré des réseaux sociaux, terme proposé en 2012 par David Omand, Jamie Bartlett et Carl Miller. Il couvre aussi bien l'exploitation non intrusive de publications ouvertes que l'accès intrusif à des contenus privés, réservé à des pouvoirs étatiques.
Ce que ça change pour une organisation
Les réseaux sociaux exposent ce que les collaborateurs, les dirigeants et les partenaires d’une organisation y publient, sans qu’elle en ait le contrôle. La CNIL souligne que des données éparpillées, même non identifiantes isolément, peuvent être recoupées pour révéler une identité, y compris derrière un pseudonyme. Examiner ce qu’un tiers pourrait ainsi reconstituer sur ses équipes constitue l’usage défensif du SOCMINT.
Côté collecte, le cadre juridique reste celui de la protection des données. Selon la CNIL, réutiliser des informations publiquement disponibles n’est pas interdit par principe, mais la collecte doit respecter la loyauté, une base légale, l’information des personnes et la finalité. Rechercher des informations sur une personne par le renseignement d’origine source ouverte est une démarche qu’elle qualifie d’intrusive, et exposer une personne à un risque direct d’atteinte est sanctionné pénalement (article 223-1-1 du Code pénal).
Demos relevait déjà en 2012 les limites de la discipline : les formes de comportement, les normes et le langage propres aux réseaux sociaux rendent l’analyse et la vérification difficiles, et transformer un volume considérable d’informations parfois contradictoires en renseignement fiable reste un défi.
Exemple
Demos distingue deux voies. La première est le SOCMINT ouvert et non intrusif, par exemple solliciter publiquement des informations sur Twitter ou Facebook pour se faire une idée de la situation lors de troubles à l’ordre public, ou mesurer le niveau de tension d’une communauté, sans identifier d’individus. La seconde relève de pouvoirs propres à l’État, qui visent à identifier des personnes et à accéder à des informations privées, jusqu’à l’interception de communications.
À ne pas confondre avec
- L’OSINT : renseignement de source ouverte au sens large ; le SOCMINT ouvert en est une branche, mais le terme couvre aussi, chez Demos, un accès intrusif qui sort de l’OSINT.
- Le sock puppet : faux compte parfois employé pour consulter ou approcher des profils, c’est-à-dire un moyen de terrain et non une discipline.